LE GUIDE DE SKI POUR TOUS LES SKIEURS DU QUÉBEC
LE GUIDE DE SKI POUR TOUS LES SKIEURS DU QUÉBEC
Publication partenaire

3ème festival Eddy Fortier, 15 février 2020

Quelques dizaines de skieurs de tous âges et de tous calibres s’étaient donnés rendez-vous ce matin à l’ancienne gare du Mont Rolland (maintenant Espresso Sports) pour la troisième édition du  festival Eddy Fortier. Au menu; un parcours de 21 kilomètres de ski de fond principalement sur le territoire de Sainte-Adèle avec une brève incursion à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson en début de parcours.

Jean-Paul « Eddy » Fortier a laissé sa marque dans le paysage du ski de fond Laurentien à partir des années 70 où il travailla sans relâche à l’aménagement de divers sentiers dans le secteur s’étendant du Mont-Rolland à Piedmont. On lui doit également le « Relais du Père Eddy » qu’il confondra en 1987. Décédé en 1993, il sera intronisé au temple de la renommé du ski de fond l’année suivante en 1994.

« Cold as a witch’s tit » dans la langue de Shakespeare ou « Y fait frette en V05 » dans la langue de Croteau

Ce n’est pas arrivé souvent cette année, mais le refroidissement de cette nuit a fait son oeuvre et le mercure indique V05 (de la blanche) ce matin sur le thermomètre SWIX. Bien que le fartage soit des plus facile à cette température; je n’aime pas beaucoup la préparation des skis à cette température; le fart dur de la roche est impossible à étendre et n’adhère pas très bien à la surface; les doigts gèlent en un instant et la glisse n’est jamais très très bonne.

De la verte à la bleu spécial en passant par la bleu

Heureusement, ça semble vouloir se réchauffer assez vite et je n’aurai pas besoin de sortir la blanche. Le temps de me rendre chez Espresso où deux autobus scolaires ont été nolisés pour notre convoi, la température est déjà remontée sur la limite inférieure de la verte.

J’ai beau cumulé quelques années d’expérience en ski de fond, je ne semble pas me dompter. J’ai ENCORE oublié ma cire dans l’auto hier soir. Résultat: elle est encore plus dure que dure et impossible à étendre. J’ai un petit fond de blanc et quelques gros morceaux de vert sur ma base pour attaquer le parcours. Heureusement, le parcours est plutôt plat et ne comporte pas de relief imposant.

Le trajet, qui était resté secret jusqu’à l’événement, nous est dévoilé le matin même. L’autobus nous emmènera à Sainte-Marguerite-du-Lac Masson où on skiera un combo d’Oxford-Cambridge, Pijac, Johansen, Létourneau et P’tit Train du Nord en effectuant une boucle optionnelle (que tous les skieurs feront ou presque) et très exotique chez Claude Verbier.

Très peu de gens peuvent se vanter d’avoir skier les terres à M. Claude Verbier. Située sur la frontière de Sainte-Marguerite du Lac Masson et Sainte-Adèle, cette terre privée a été aménagée avec soin par son propriétaire au fil des ans. Les sentiers sont larges, des murets et différents ponts ont été érigés par le propriétaire. Résidant à quelques pas de là, j’ai eu l’occasion de rencontrer M. Verbier dans le passé et de lui demander l’autorisation d’utiliser ses sentiers pour en faire mon terrain de jeu secret.

Le quatre roues à chenilles nous avait préparé le sentier

David au loin sur les abords de la rivière Doncaster

Après avoir complété la boucle 1, nous attaquons l’Oxford et ses divers lacs (Lucerne, Quévillon et Deauville). Le petit vent du Nord est omni présent sur les entendus d’eau et a rempli partiellement de neige les sentiers.

Le lac Lucerne vierge de toute trace

Dans l’Oxford avec la fille d’Eddy Fortier qui mène le convoi

La traversée du Lac Séguin

Après avoir parcouru une dizaine de kilomètres, un premier relai nous attend avec une « shoot » de Coureur des Bois dans un verre de glace. Il est un peu tôt dans la journée pour débuter les festivités mais il est difficile de dire non à nos hôtes.

Un premier « shoot » un peu matinal

Je ne sais pas si c’est les effets de l’alcool ou si c’est vraiment la température ambiante qui se réchauffe mais mon thermomètre interne m’indique qu’on est rendu à une température de bleu. L’adhérence de mes skis diminue graduellement mais les pires côtes sont maintenant derrière nous. Parlant de l’effet de l’alcool, je ne sais pas ce que le frère de Jack Gauthier a mis dans la bouteille mais je crois avoir des hallucinations… Je vois au loin derrière moi ce qui semble être un monsieur d’un certain âge vêtu d’un jean et qui se rapproche dangereusement de moi. J’accélère le pas pour ne pas me faire doubler.

Le prochain objectif sera maintenant d’atteindre la Cabane à Eddy. J’ai beau avoir fait des centaines de fois le P’tit train du Nord en classique, en skating ou en course à pied, pourtant je n’ai jamais arrêté à ce refuge à moins d’une centaine de mètres de la piste. Encore une fois, les bénévoles courtois nous attendent avec un petit remontant.

Le relai du Père Eddy avec son poêle à bois

Une autre petite « shoot » pour nous donner un regain d’énergie pour rallier la gare du Mont Rolland

La randonnée achève, la partie la plus éreintante du parcours est maintenant derrière nous. Il reste à peine quelques kilomètres de ski de fond classique sur le P’tit train du Nord avant de rejoindre notre point de départ, Espresso Sports. Fidèle à ses habitudes, l’entretien de ce parcours est hors-pair et la progression jusqu’à la gare se fait sans trop de problèmes malgré la fatigue qui commence à s’installer tranquillement.

Commentaire éditorial

Étant membre en règle du P’tit train du Nord, rien ne me frustre plus que les coureurs, marcheurs et cyclistes qui ne respectent pas le corridor qui leur est destiné sur la piste. Qu’est-ce qui a de compliqué dans la compréhension de la signalisation sur place? La marche, la course et le fatbike se fait à l’extreme droite en dehors des pistes de ski. À toi le coureur qui défie les règlements, tu sais que toute la communauté de skieurs va haïr ton clan à cause de toi. Les traces de pas que tu fais dans la piste sont super désagréables pour les skieurs de patin. En plus, tu payes pas pour avoir accès à ce merveilleux site. Moi en tant que skieur je paye une somme d’argent non négligeable pour pratiquer le ski et assurer un entretien adéquat de la piste. S.V.P. respecte donc les règlements. Heureusement pour toi, j’étais trop fatigué pour partir une bataille générale avec toi et ta gang. Coureur et Fatbike à droite SVP!!!!

Arrivé à destination!

Au moment de mettre les skis sur les barres de toit, nous avons encore gagné quelques degrés, on frôle un temps de bleu spécial. Définitivement une journée plus adaptée aux skis à écailles et demi-peaux. Le compteur GPS indique 21 kilomètres, je suis bien content de ma sortie. Merci Eddy pour ton travail qui nous permet aujourd’hui de skier les quatre coins des Pays D’en Haut et merci à Jack Gauthier et Pascal Drolet (petit-fils d’Eddy) pour l’organisation de cet événement.

 

Vous avez aimé lire cette chronique? Dites-le nous dans les commentaires ci-bas! On aime ça vous lire aussi!

À PROPOS DE L'AUTEUR

Jean-Paul Croteau
Si il y avait un temple de la renommée du ski de fond, Jean-Paul Croteau y aurait été intronisé depuis belle lurette. Inspiré par ses idoles de jeunesses Dickie Hall et Steve Barnett, le ski de fond n’a plus de secret pour Jean-Paul. De nature plutôt solitaire et de sociabilité ultra sélective, peu de gens peuvent se vanter d’avoir skié avec lui.